LA CROUPE AU MUR
D’après la leçon du traité « Ecole de Cavalerie » de La Guérinière.
Cette leçon succède à celle de l’épaule en dedans, « leçon préparatoire » à celle de la croupe au mur.
En effet, dans la leçon de l’épaule en dedans, le cheval a appris à chevaler dans une posture oblique et circulaire les membres du dedans par dessus ceux du dehors. D’autre part, le cheval a appris « à fuir les talons », et à abaisser une hanche ; il est donc en « bonne voie » pour se mettre sur les hanches. Et la leçon de la croupe au mur va confirmer ses dispositions !
Comment procéder ?
La Guérinière fait parcourir un grand côté l’épaule en dedans, et après avoir fait passer le cheval dans le coin, marquant un demi-arrêt, deux choix se présentent :
1. repartir sur le côté suivant en épaule en dedans
2. revenir sur le premier côté dans la posture de la croupe au mur.

A prendre en compte que la posture adoptée dans la croupe au mur est de loin plus « contraignante » que celle que nous pratiquons de nos jours.
En effet, La Guérinière aligne sur une perpendiculaire à la trajectoire empruntée le postérieur du dedans avec l’antérieur du dehors.
Il en résulte que si le cheval a été correctement préparé par l’épaule en dedans, prendre la posture de la croupe au mur « met systématiquement le cheval sur les hanches ».
En découle que l’équitation pratiquée au manège des Tuileries se faisait dans des allures lentes et relevées, ce qui n’est plus ou peu d’actualité !
En effet, au XVIIIème, les allures relevées avec temps de suspension sont non seulement recherchées, mais développées. Et par conséquent, pour que les membres au soutien prennent et conservent l’élévation, cela ne peut se produire que dans des allures lentes.
Devient alors compréhensible le fait que le travail au trot tel que nous le pratiquons de nos jours était alors complètement occulté à l’époque, vu que « seul le trot hardi et étendu » était employé, et très souvent « en remède à des défenses ».