Sylvain BEAULIEU

DRESSAGE ET ÉQUITATION COMPORTEMENTALE

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Equi. comportementale
MISES A JOUR
AMALGAME
COMPTE-RENDU PENFRAT_1
Bretagne 27/07 au 01/08/0
AMALGAME
est un recueil en cours de rédaction dont je vous livre ici ce que devraient être la préface et l'état d'esprit.
 

Préface :

 

Ce recueil a vu le jour au fil des années d’une longue pratique. C’est la saisie quasi quotidienne d’impressions, de sensations prises « sur le vif » qui se retrouvent dans ces quelques lignes. Loin de moi l’idée d’écrire quoi que ce soit de nouveau sur le dressage des chevaux ; tant d’auteurs s’y sont déjà essayés, et il est bien rare que dans tous ces auteurs, un cavalier n’y retrouve les vérités, les éclaircissements qu’il recherche, quand ce n’est pas simplement ce qu’il a envie d’entendre ! Il est vrai que « ce qui est bien compris s’énonce clairement », et quand nous sommes si proches d’arriver à franchir un cap, lire ou entendre le récit d’un autre ayant déjà emprunté notre parcours peut nous rendre un grand service ; ou nous renvoyer dans une direction diamétralement opposée ! Car bien souvent, ce qui est maîtrisé par les uns  apparaît aux autres comme « évident », « facile », tellement simple que parfois cela n’attire même pas notre attention. C’est pourquoi j’insiste si souvent dans la recherche à perfectionner les choses simples dont tout le reste découle.

 C’est plus dans l’idée de « fixer » des impressions, des émotions, des moments intenses d’une forme de communion fusionnelle avec ce merveilleux animal qui nous fait tant rêver que j’ai pris la décision de rassembler mes notes sur mes émotions perçues, mes « états d’âme » qui découlent de ces moments privilégiés où le facteur ‘temps’ n’a plus de prise.

Et quand cette fusion a lieu, alors la sensation du « temps suspendu » me bouleverse un peu plus ; alors je me sens affaibli physiquement, comme si cette union me prenait une partie de moi-même, tout en me rendant plus fort, plus vrai, plus juste, empli d’une grande compassion pour tout ce qui m’entoure ; ces moments, aussi éphémères qu’ils sont intenses (tout du moins pendant de longues phases dans lesquelles s’établit une relation entre deux espèces qui se cherchent, se trouvent, s’éloignent et se rapprochent de nouveau ), ces moments intenses, en charge d’émotions, évoluent dans ce sens où ils gagnent en intensité pendant des laps de temps de plus en plus longs, à mesure que la qualité de la relation établie avec le cheval devient plus profonde, plus vraie, emplie d’un amour profond et sincère ; c’est un véritable don de soi pour l’autre.
 

 

 

Etat d’esprit :

 

C'est en aimant le cheval tel qu'il est, pour ce qu'il est, que l'on peut, par la fusion des deux corps en mouvements, donner cette sensation d'osmose, d'accord parfait.

Pour chaque cheval, se comporter comme un sculpteur qui, jour après jour, façonne, donne des formes, transforme de la matière brute en une œuvre d'art.

Monter à cheval en extériorisant des émotions, des sensations, et non avec une « âme de règlement » !

Avoir l'état d'esprit du "jazzman" : c'est-à-dire un sens aigu de l'improvisation. Partir du travail des gammes pour créer des mélodies, grouper ces mélodies pour en faire des thèmes; être en recherche permanente d'expression de sensations, d'émotions; par la création de mouvement, le cavalier exprime ses émotions. Monter à cheval avec une âme d’artiste, en étant créatif.

C'est par l'accord des esprits et des corps que le cavalier, par l'intermédiaire du cheval, exprime ces émotions et sensations.

Pour cela, le cheval est un "émetteur / récepteur" fantastique de nos émotions. A condition de ne jamais se comporter comme un "petit chef, un dictateur, ou un despote, ou un tyran", mais l'homme doit être un vrai chef; celui qui est suivi, obéi, qui attire, simplement parce qu'il est respecté, aimé, et non craint. C’est celui vers lequel on se tourne lorsque l’on a des doutes, lorsque l’on a besoin d’une ressource.

Pour cela, il ne doit jamais employer la force pour convaincre, mais toujours la douceur et la compréhension ; la difficulté consiste à n'utiliser que la douceur, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Sans oublier que la douceur n’exclut pas la fermeté !

Un tiers observateur doit être ému, fasciné, captivé par le spectacle vivant et éphémère que présente l'évolution du couple. Quand la fusion se fait, tout devient "expression artistique".

Pour que les émotions "transpirent" des évolutions du cheval avec son cavalier, le cavalier ne doit pas monter pour être vu, en cherchant « à montrer un savoir-faire », mais en recherche permanente à "plus d'accord avec son cheval" ;  il faut chercher à "rentrer totalement dans son cheval", chercher  à se fondre dans le cheval. Ne pas s’obstiner à « se montrer à cheval » ; c’est le même principe qu’un couple de danseurs : l’un guide, et l’autre suit. Jusqu’à ce qu’il y ait une entente telle que celui qui suit en arrive à « devancer » les suggestions de celui qui mène. Pour un observateur, ce qu’il voit, c’est un couple qui évolue, et non plus deux individus qui gesticulent plus ou moins en rythme.

Anecdote : un jour où je montais Historico, magnifique pure race espagnol, je « pérorais » devant quelques amis accoudés au pare-botte ; tant que je montais ce beau cheval pour faire la démonstration de mes compétences, je n’ai obtenu que des gesticulations mécaniques, techniques, froides. Ce n’était que de « la technique maîtrisée » ! Quand je me suis rendu compte de mon erreur, je me suis mis « en retrait » pour que mon cheval puisse exprimer tout le brillant que la nature lui a donné, et là, le cheval s’est mis a « briller », comme s’il était sorti d’un carcan, à un tel point que j’ai eu ce jour un des plus beaux compliments qui soit : « On aurait dit que le cheval travaillait seul, on ne voyait que lui » !


Le cavalier ne doit plus utiliser que sa tête, avec des intentions claires, nettes, explicites, ponctuellement renforcées par ses aides, les plus discrètes possibles, par touches « électriques », fines, subtiles, « secrètes », et  son corps doit, quand à lui, se contenter de rester en accord avec les mouvements de son cheval. Son corps doit "fusionner" avec le corps du cheval. Toutes les sensations de mouvement doivent être perçues dans le corps du cheval. Aller jusqu'à ne plus sentir son propre corps; aller jusqu'à la sensation d’être dans le corps du cheval, sentir les éléments extérieurs par l’intermédiaire du corps du cheval.

Perfectionner les choses simples. Les figures compliquées peuvent toujours être décomposées en formes simples. Si elles sont maîtrisées à la perfection, les enchaînements s'approcheront alors de la perfection. C’est pourquoi, je crois, que l’Art Equestre commence par le perfectionnement des choses simples ; en cela, je suis totalement d’accord avec les notes de Nuno OLIVEIRA.

J'entends par perfectionner les choses simples de les rendre parfaites d'un point de vue : géométrique, qualitatif de posture, du mouvement, de légèreté du cavalier, et de les rendre "vivantes", de dépasser la maîtrise de la technique pour faire de chaque déplacement, chaque mouvement, un véhicule d'émotions. Et là encore, je ne peux que penser à Nuno Oliveira :
«  l’Art Equestre, c’est la sublimation de la technique par l’amour ».