Parcours peu ordinaire pour ce cheval qui arrive dans mon piquet.
C'est donc son "ex-propriétaire" que je sollicite à exposer son histoire qu'elle livre ici dans ses propres mots :

Histoire ordinaire d'un cheval pas ordinaire...
Kangoun des Houlettes faisait partie en 2007 des chevaux de réforme de l'ENE ; autrement dit à acheter sous peine qu'il ne parte "à la casse" si il n'était pas casé.
La cause de sa réforme a été une première blessure à l'antérieur gauche puis une seconde toujours sur le même membre ; les chances alors qu'il parvienne à des résultats demandés par l'ENE n'étaient plus dans ses cordes...
Kangoun n'a jamais fait, à priori, de prouesses pendant son temps de monte à l'ENE, cheval inscrit principalement en hunter, cheval grand, impressionnant, un peu "habité par des fées..." par son comportement mais surtout, extrêmement attachant par son attitude d'éternel poulain.
Ma première rencontre avec lui s'est moyennement passée ; j'ai pourtant insisté pour le revoir et le monter. La deuxième rencontre n'a pas été plus concluante, j'étais face à un cheval stressé, farouche, désorganisé et pourtant... j'étais attirée par lui malgré ses 1m77 au garrot et ses 750 kg. Gabarit qui d'ordinaire me faisait fuir...
En le regardant, je ne supportais pas la possibilité qu'il soit tué ou mal placé et... je l'ai donc acheté en me doutant que notre relation serait plus d'ordre affectif qu'équestre...
Donc acte, me voilà en Vendée avec Kangoun (que j'ai affublé du sobriquet ridicule mais que j'adore : Choupinou).
Le premier centre équestre des Sables d'Olonne dans lequel je l'ai mis n'a rien trouvé de mieux que de me le présenter raide boiteux un mois après son arrivée alors que tout s'était stabilisé au niveau de son antérieur.
Je l'ai donc changé de centre équestre pour le mettre à la Malbrande, centre que je salue par son aide et soutien dans les soins qui ont suivi pour Kangoun.
Choupinou, pardon Kangoun, ne devait sortir que 10 minutes par jour et au pas ; cela l'a vite éprouvé mentalement et il devenait quasi incontrôlable ou uniquement sous V tranquil... Je n'ai pas voulu de cette solution médicale, il est donc revenu dans le Saumurois pour une longue, longue convalescence.
Je passerai sur le premier épisode de son retour dans le Saumurois, chez une personne qui voulait "m'aider" et qui n'a fait qu'affaiblir Kangoun tant ce dernier était sous-alimenté. Vous vous dites, mais comment tolérer ça ? Parce que je n'habitais pas sur place et que je ne visitais Kangoun que tous les 2 à 3 mois... Ma dernière visite (en février 2009) m'a suffit à prendre conscience que Kangoun dépérissait et qu'il fallait que je le sorte de là. Par chance "La Chevalerie" l'a pris en charge en allant le chercher et en le remettant sur pieds. Je remercie Sylvain pour sa passion et Véronique à qui appartient La Chevalerie pour sa gentillesse et les soins apportés à Kangoun ! Sans eux, Kangoun ne serait pas aujourd'hui épanouit et vaillant comme il l'est.
La suite logique.... habitant aux Sables d'Olonne et couvrant 28 départements pour mon travail, a fait que je ne montais plus Kangoun et qu'à chaque fois que je le voyais il était très équilibré, un peu voyou mais totalement heureux. J'ai donc pris la décision de céder Kangoun à Sylvain car pour lui aussi, l'affectif s'est mis en marche avec Kangoun sans oublier les progrès dans le travail et la capacité de Kangoun à vouloir bien faire encore et encore sous les "ordres" de Sylvain.
Ce que je peux dire, c'est que je ne regrette pas tous ces moments difficiles qui m'ont permis de sauver Kangoun d'une fin probablement tragique... et que me concernant, Choupinou restera toujours une partie de ma vie.
Je continue à le voir et Sylvain me permet de le monter même si Kangoun est un cheval qui ne m'était pas adapté... notre histoire fait que Kangoun m'autorise aussi à le monter.... par affection... j'en suis certaine... car mes compétences de monte sont bien inférieures à ce qu'il peut attendre de l'homme....
Maintenant, ma joie est de le voir exprimer tout son potentiel et progresser avec Sylvain, et je suis sûre que ce n'est qu'un début...
Pour ce cheval, c'est la reprise progressive du travail. A l'heure (juillet 2009) de cette vidéo, il n'a que quatre mois de travail (en longe, aux longues rênes et en main) dont deux sous la selle à une fréquence de monte de deux à trois séances par semaine.
Août 2009 : quelques séquences du travail quotidien de Kangoun.